
La laine se lave, elle ne se décape pas
Garder la lanoline : c'est elle qui protège la fibre et fait le brillant. Nettoyage de tapis en laine à la main : dépoussiérage, lavage au savon neutre, préservation de la lanoline, séchage à plat.
- Par matière
- Laine nouée main
- Savon neutre
- 7 à 12 jours
La laine d'un tapis contient encore une part de sa graisse naturelle, la lanoline. C'est elle qui fait glisser la salissure au lieu de la laisser s'incruster, elle qui donne au velours son reflet, elle qui rend la fibre souple sous le pied.
Tout l'enjeu du lavage est là : retirer la poussière sans retirer la lanoline. Un détergent alcalin les emporte toutes les deux — le tapis ressort propre, mat, râpeux, et il se resalira deux fois plus vite qu'avant. Nous lavons au savon neutre, à l'eau tempérée, et nous rinçons jusqu'à transparence.

Comment nous procédons
Quatre étapes, dans cet ordre. En sauter une, c'est ce qui distingue une réparation d'un rafistolage.
Battre et aspirer par le dos
Le tapis est retourné et battu ; la poussière tombe par gravité au travers du tissage. On répète jusqu'à ce que le sol reste propre.
Test de solidité des couleurs
Chaque couleur est testée au coton humide avant tout bain. Une seule teinte instable change toute la méthode.
Lavage à la brosse dans le sens du poil
Savon neutre pH 6, eau tempérée, brosse souple. Jamais à contre-poil : cela ouvre l'écaille de la laine et la rend terne.
Rinçage jusqu'à transparence puis séchage à plat
Le rinçage est la moitié du travail. Séchage à plat, à l'ombre, en ventilation traversante — jamais suspendu, la laine mouillée pèse trois fois son poids.
Ce qu'il ne faut pas faire
Nous récupérons chaque année des pièces abîmées non par l'usage, mais par une réparation faite trop vite. Voici les trois erreurs que nous voyons le plus souvent sur cette intervention.
Le shampouiner sur place, au sol
Une monobrosse et un shampoing moussant sur un tapis posé, c'est l'erreur la plus répandue. L'eau descend jusqu'au sous-tapis et n'en repart pas, le savon reste dans la fibre et rappelle la poussière deux fois plus vite qu'avant. Un mois plus tard, le tapis est plus sale qu'au départ.
Laver à l'eau chaude
La laine est une protéine : au-delà de trente degrés, les écailles de la fibre s'ouvrent, s'accrochent entre elles et le tapis feutre. Le feutrage est irréversible — la surface durcit, rétrécit et perd sa souplesse.
Sauter le dépoussiérage
Un tapis de salon contient couramment un kilo de poussière minérale par mètre carré, invisible parce qu'elle est logée à la base des nœuds. Si on mouille ça, on fabrique de la boue au cœur du tapis. Le battage à sec précède toujours le bain, et c'est lui qui fait la moitié du résultat.


Avant / après
Heriz de salon, quatorze ans sans lavage. Trois passes de dépoussiérage puis un bain au savon neutre : le contraste revient uniquement par le retrait de la poussière minérale.
Voir d'autres dossiersLe geste, de près

Combien de temps, et pourquoi ce prix
Nous préférons annoncer les choses avant : ce qui prend du temps, ce qui le fait varier, et ce qui, dans la matière elle-même, change la méthode.
Délais, et ce qui fait le prix
Comptez huit à douze jours entre l'enlèvement et la livraison : deux jours de dépoussiérage et de tests de solidité, une journée de bain, puis le séchage — quatre à six jours en séchoir ventilé, à température contrôlée. Le séchage n'est pas un temps mort qu'on pourrait raccourcir : c'est lui qui décide si le tapis va gondoler ou rester plat. Le prix se calcule au mètre carré et dépend de la densité, de la longueur du velours et de l'encrassement réel.
Matières et cas particuliers
La laine de tapis n'est pas une matière unique. Une laine de montagne d'Anatolie, riche en suint, se comporte autrement qu'une laine industrielle indienne ou qu'une laine mêlée de viscose. Sur les tapis modernes, la viscose est le vrai piège : elle ressemble à de la soie, elle en a le lustre, mais elle noircit et se raidit dès qu'elle est mouillée. On l'identifie avant le bain, jamais après.
À propos de cette intervention
Un petit tapis peu sale, à la rigueur, à l'eau froide et au savon neutre, séché à plat. Le risque n'est pas le lavage, c'est le séchage : une laine qui reste humide plus de vingt-quatre heures moisit dans la trame, et l'odeur ne part plus.
Une odeur de laine mouillée pendant un jour ou deux, oui. Une odeur de cave, non : cela signifie qu'il a séché trop lentement.
Tous les deux à trois ans dans un salon normalement fréquenté, tous les ans dans une entrée ou avec des animaux. Entre deux lavages, l'aspirateur sans brosse rotative suffit.
Pas si la solidité des teintures est testée avant, couleur par couleur, sur un coin caché. C'est ce test qui décide de la température, du pH et de la durée du bain.
Un accident frais, oui, en tamponnant à l'eau claire. Un lavage complet, non : sans plateau d'égouttage ni séchoir ventilé, l'eau reste dans la trame et le tapis moisit par en dessous.
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Faites d'abord établir le diagnostic
Il est gratuit, il n'engage à rien, et il vous dira exactement ce que votre tapis demande — y compris quand la réponse est « rien pour l'instant ».