
La mite mange la laine, pas le coton
Traiter l'infestation d'abord, retisser ensuite — jamais l'inverse. Traitement anti-mites et restauration de tapis mités : éradication des larves, reconstitution du velours mangé, protection durable.
- Cas particulier
- Anti-mites + retissage
- Traitement complet
- 3 à 8 semaines
La mite du vêtement ne mange pas le tapis : elle mange la kératine de la laine. Le coton de la chaîne et de la trame ne l'intéresse pas. C'est pourquoi un tapis mité se reconnaît à ce détail — le velours a disparu par plaques, mais le tissage est intact dessous, comme une pelouse tondue à ras.
Elle travaille dans le noir et l'immobilité : sous un canapé, sous une commode, contre une plinthe. Un tapis qu'on ne bouge jamais est un tapis qu'on ne regarde jamais — et on découvre les dégâts le jour du déménagement.

Comment le reconnaître
Ces quatre situations n'appellent pas la même intervention. Décrivez-nous celle qui ressemble à la vôtre et le devis sera juste du premier coup.
Des plages rases, souvent en bordure de meuble
Le velours a été broutée. Passez la main : le fond du tissage est lisse et intact.
Une poussière sableuse au dos
C'est le frass, mélange de déjections et de fourreaux. Signe d'une infestation active, pas ancienne.
De petits fourreaux blancs collés à la fibre
Les étuis des larves. Ils se détachent à l'ongle.
Des papillons beiges au ras du sol
L'adulte ne mange rien mais pond. En voir un, c'est en avoir cent.
Comment nous procédons
Quatre étapes, dans cet ordre. En sauter une, c'est ce qui distingue une réparation d'un rafistolage.
Confiner et diagnostiquer
Le tapis est isolé dès l'enlèvement pour ne pas contaminer le reste de l'atelier, puis examiné au dos sous lumière rasante.
Éradiquer
Traitement par le froid ou bain insecticide selon la fibre — la soie ne supporte pas le second. Œufs et larves sont détruits, y compris ce qui n'est pas visible.
Laver en profondeur
Le frass est acide et continue d'attaquer la laine. Le lavage à la main l'élimine complètement du fond du velours.
Retisser puis protéger
Le velours manquant est renoué, et la pièce reçoit une protection à effet durable qui n'altère ni la teinte ni la souplesse.
Ce qu'il ne faut pas faire
Nous récupérons chaque année des pièces abîmées non par l'usage, mais par une réparation faite trop vite. Voici les trois erreurs que nous voyons le plus souvent sur cette intervention.
Aspirer énergiquement la zone attaquée
L'aspiration disperse les œufs dans la pièce et dans l'appareil. Elle vide le frass — la poussière de digestion — sans toucher aux larves, qui sont sous le velours, et elle donne l'illusion que le problème est réglé.
Mettre des boules antimites et attendre
Le naphtalène et ses substituts éloignent les papillons adultes ; ils ne tuent pas les larves déjà installées, qui sont précisément celles qui mangent. Le tapis continue d'être broutés sous une odeur de camphre.
Ranger le tapis « le temps de voir »
Roulé dans un placard, un tapis infesté est dans les conditions idéales : obscurité, immobilité, absence de passage. C'est là que les dégâts vont dix fois plus vite.
Le geste, de près


Combien de temps, et pourquoi ce prix
Nous préférons annoncer les choses avant : ce qui prend du temps, ce qui le fait varier, et ce qui, dans la matière elle-même, change la méthode.
Délais, et ce qui fait le prix
Le traitement lui-même prend quelques jours : la pièce passe en chambre close, puis elle est lavée pour évacuer œufs, larves et frass. C'est la reprise du velours qui prend du temps, et elle dépend entièrement de la surface broutée. Le prix se décompose donc toujours en deux lignes distinctes sur le devis — traitement d'une part, retissage d'autre part — parce qu'on peut parfaitement décider de traiter maintenant et de renouer plus tard.
Matières et cas particuliers
Les mites ne s'attaquent qu'aux fibres animales : laine, poil de chèvre, soie dans une moindre mesure. Un tapis de coton ou de fibre synthétique ne les intéresse pas. C'est pourquoi, sur un tapis à chaîne de coton et velours de laine, on trouve le velours mangé jusqu'à la chaîne qui, elle, reste intacte — et c'est une chance : la structure tient, seul l'habillage est à refaire.
À propos de cette intervention
Non. Elles éloignent l'adulte, elles ne tuent ni les œufs ni les larves — or c'est la larve qui mange. Un tapis déjà infesté doit être traité, pas parfumé.
Oui, sinon la réinfestation est certaine. Nous vous indiquons quoi faire : aspiration des plinthes et des dessous de meubles, lavage des textiles voisins, aération. C'est simple mais ce n'est pas optionnel.
Il en perd tant qu'il est infesté et lacunaire. Traité et retissé, il retrouve l'essentiel de sa valeur d'usage ; pour une pièce de collection, l'expertise chiffrera précisément l'écart.
Cherchez au dos, dans les plis et sous les meubles : des fourreaux de larves collés à la trame et une poussière sableuse claire signalent une infestation vivante. Des zones broutées mais propres, sans frass, sont d'anciens dégâts.
Oui. Plinthes, sous-meubles et rideaux abritent souvent la suite. Traiter le tapis seul, c'est le faire réinfester dans l'année.
Non. Il se fait à froid, sans produit de blanchiment, et il est suivi d'un lavage doux. Les teintures ne sont pas concernées.
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Faites d'abord établir le diagnostic
Il est gratuit, il n'engage à rien, et il vous dira exactement ce que votre tapis demande — y compris quand la réponse est « rien pour l'instant ».