
Le tapis caucasien
Caucase. Petits formats, géométrie dure, couleurs franches : les pièces les plus recherchées des collectionneurs de tapis tribaux.
- Caucase
- Nœud symétrique
- Laine sur laine ou coton
- 60 à 200 000 nœuds/m²
Le Caucase produit rarement de grands tapis : la plupart tiennent entre un et six mètres carrés. Ce sont des pièces de village ou de campement, nouées sur des métiers courts, et cette contrainte a donné un vocabulaire graphique très particulier — médaillons crantés, étoiles, dragons stylisés, champs compartimentés.
Kazak, en laine épaisse et à velours long, avec ses grands médaillons rouges et ivoire. Shirvan, plus fin et plus serré, à fond bleu nuit couvert de petits motifs. Kouba, aux bordures très travaillées. Karabagh, à la palette plus sombre et parfois influencée par le floral persan.
Les teintures y sont longtemps restées naturelles, ce qui donne à ces pièces des variations de ton (les abrash) que l'on prend parfois pour des défauts et qui sont au contraire un signe d'authenticité.

Quatre repères
Le format
Petit à moyen, souvent allongé, rarement au-delà de six mètres carrés.
Le dessin
Géométrie franche, motifs crantés, champ compartimenté.
L'abrash
Bandes horizontales de ton légèrement différent : bain de teinture changé en cours de travail.
La lisière
Souvent en laine de plusieurs couleurs, enroulée en chevrons.
Ce que cette famille demande
Trois vues du travail que ces pièces appellent le plus souvent.



Ce que cette famille demande
Ce sont des pièces où l'usure fait partie de la valeur. On consolide plus qu'on ne reconstitue, et l'on conserve les reprises anciennes quand elles sont saines. Le piège classique : reteindre un abrash pour « harmoniser » — c'est effacer la signature de la pièce.
Entretenir, et savoir ce que cela vaut
Deux questions qui reviennent à chaque fois qu'une pièce de cette famille arrive à l'atelier.
L'entretien de cette famille
Les caucasiens sont des tapis de montagne : laine grasse, tissage serré, format généralement modeste. Ils se lavent bien, mais leur laine riche en suint demande un rinçage abondant, sans quoi elle ressort collante. Leurs lisières, souvent en laine de couleur enroulée sur deux ou trois fils, sont le premier point d'usure : dès qu'un centimètre s'ouvre, la rive se dévide très vite. C'est l'intervention la plus fréquente sur cette famille, et la moins coûteuse quand elle est faite tôt.
Ce qui fait sa valeur
Le caucasien ancien — Kazak, Chirvan, Kouba, Karabagh, Gendjé — est une valeur de collection établie. Les prix se sont stabilisés à un niveau élevé pour les pièces d'avant 1900 à teintures végétales, en bon état de velours. Ce qui les fait chuter : une réduction de format (une pièce recoupée dans la longueur perd la moitié de sa valeur), des couleurs ravivées chimiquement, ou une restauration ancienne mal faite. Les copies récentes, souvent turques ou indiennes, sont nombreuses et se repèrent au dos.
Sur cette famille
Ils étaient tissés sur des métiers de village, souvent horizontaux et démontables, dont la largeur était limitée. Au-delà de deux mètres, ce sont des exceptions.
Pas nécessairement. Une garance et un indigo de montagne sont naturellement francs. Ce qui alerte, c'est un rouge qui vire à l'orange au dos, signe d'aniline.
Oui, ce sont des tapis d'usage, robustes. Simplement, une pièce du XIXᵉ mérite d'être posée hors d'un couloir de passage.
Les autres familles
Faites d'abord établir le diagnostic
Il est gratuit, il n'engage à rien, et il vous dira exactement ce que votre tapis demande — y compris quand la réponse est « rien pour l'instant ».