
Le kilim et les tissages plats
De l'Anatolie au Caucase. Pas de velours, pas de nœud : la trame passe et le dessin apparaît des deux côtés.
- Anatolie, Iran, Caucase
- Tissage plat
- Laine, coton
- Sans nœud
Un kilim n'a pas de nœud. La trame de couleur passe par-dessus et par-dessous les fils de chaîne, et quand elle change de couleur, elle fait demi-tour — laissant une fente verticale à la jonction. Ces fentes ne sont pas un défaut : elles sont la technique même.
Le résultat est un textile réversible, léger, souvent aux couleurs plus franches que les tapis noués, et beaucoup moins cher à produire — ce qui en a fait le tapis quotidien de toute une aire géographique.
Le soumak, apparenté, enroule la trame autour de la chaîne au lieu de la croiser, ce qui donne une surface en chevrons et un envers couvert de fils flottants.

Quatre repères
L'absence de velours
La surface est plate, le dessin identique des deux côtés.
Les fentes
Verticales, aux changements de couleur : normales.
Le poids
Beaucoup plus léger qu'un tapis noué de même surface.
Le soumak
Envers couvert de fils flottants, endroit en chevrons.
Ce que cette famille demande
Trois vues du travail que ces pièces appellent le plus souvent.



Ce que cette famille demande
Sans velours, tout se voit : une reprise mal teinte, un rétrécissement, une auréole. Le séchage sous tension est décisif — c'est lui qui rend au kilim ses angles droits.
Entretenir, et savoir ce que cela vaut
Deux questions qui reviennent à chaque fois qu'une pièce de cette famille arrive à l'atelier.
L'entretien de cette famille
Un kilim n'a pas de velours : sa trame est sa surface, et il n'y a aucune épaisseur pour encaisser un excès d'eau ou de produit. On lave court, on rince vite, on égoutte immédiatement et on sèche sous tension aux quatre côtés, faute de quoi la pièce part en losange. Les fentes verticales aux changements de couleur sont normales sur un tissage à fentes ; ce qui ne l'est pas, c'est une fente qui s'allonge. Reprise à temps, c'est une heure de travail.
Ce qui fait sa valeur
Les kilims anatoliens anciens à teintures végétales sont collectionnés depuis longtemps et leurs prix sont solides, notamment sur les pièces d'avant 1880 en deux lés cousus. Les kilims caucasiens et persans — Senneh, Bidjar — ont leur marché propre. À l'opposé, la production contemporaine, turque, iranienne ou indienne, est abondante et bon marché. Comme souvent, c'est la teinture qui trace la frontière : végétale d'un côté, aniline de l'autre, avec un rapport de prix qui peut aller de un à vingt sur des dessins identiques.
Sur cette famille
Moins qu'on ne le croit, mais il s'use différemment : il ne perd pas de velours, il perd des fils de trame. Il faut le surveiller aux fentes et aux lisières.
Oui. Sa faible épaisseur en fait même un bon choix sous un meuble, à condition de vérifier régulièrement les zones d'appui.
Le soumak est tissé en enroulant le fil de trame autour des fils de chaîne, ce qui donne un relief en chevrons au recto et des flottés au verso. C'est plus épais et plus solide.
Les autres familles
Faites d'abord établir le diagnostic
Il est gratuit, il n'engage à rien, et il vous dira exactement ce que votre tapis demande — y compris quand la réponse est « rien pour l'instant ».