
Le tapis turc et anatolien
Anatolie. Nœud symétrique, géométrie franche, laine brillante et palettes plus contrastées que chez le voisin persan.
- Turquie
- Nœud symétrique
- Laine, soie
- 40 à 400 000 nœuds/m²
Le nœud turc, ou symétrique, prend les deux fils de chaîne ensemble. Il tient mieux à l'usure et pousse naturellement vers le motif géométrique : là où le persan trace une arabesque, l'anatolien construit un octogone.
La production couvre tout, du tapis de village très rustique au tapis de cour. Oushak, avec ses grands formats et ses palettes safran et brique, a meublé l'Europe entière au XVIᵉ siècle — on les voit dans les tableaux de Holbein. Hereke, fondé au XIXᵉ pour la cour ottomane, est à l'autre extrême : soie sur soie, densités extrêmes, parfois rehaussé de fil métallique.
La laine anatolienne, souvent issue de moutons de plateau, a une brillance particulière qui résiste bien au lavage et rend les couleurs très vives une fois la poussière retirée.

Quatre repères
Le nœud
Symétrique : au dos, les deux fils de chaîne sont couverts de la même façon.
Le dessin
Géométrique, souvent à répétition, avec des mihrabs sur les tapis de prière.
La palette
Rouges brique, safran, ivoire, bleus profonds ; contrastes plus francs.
La laine
Brillante, à longue fibre, qui reprend beaucoup d'éclat au lavage.
Ce que cette famille demande
Trois vues du travail que ces pièces appellent le plus souvent.



Ce que cette famille demande
Le nœud symétrique se reprend plus facilement que l'asymétrique, mais les tapis anatoliens anciens ont souvent des lisières très travaillées, à plusieurs couleurs, dont la reconstitution demande de relever le motif avant de déposer quoi que ce soit.
Entretenir, et savoir ce que cela vaut
Deux questions qui reviennent à chaque fois qu'une pièce de cette famille arrive à l'atelier.
L'entretien de cette famille
Le nœud turc, symétrique, tient mieux à la traction que l'asymétrique : les tapis d'Anatolie supportent le passage et le lavage sans difficulté particulière. Le point de vigilance est ailleurs, dans les teintures : beaucoup de pièces de village du XIXᵉ siècle emploient des rouges de garance et des orangés instables, qui migrent au premier bain trop long. On teste couleur par couleur, on lave court, on égoutte immédiatement. Les tapis de prière anciens, souvent de petit format, se sèchent à plat sous légère tension pour que le mihrab ne se déforme pas.
Ce qui fait sa valeur
Le turc ancien est l'un des rares segments du marché du tapis qui n'a pas reculé. Les kilims et les tapis de village d'Anatolie du XIXᵉ, à teintures végétales et laine de montagne, sont collectionnés depuis les années 1980 et leurs prix se tiennent. La production d'atelier plus récente — Hereke de laine, Kayseri — suit le sort du reste du marché. Le critère discriminant est presque toujours la teinture : une pièce entièrement végétale et une pièce aux mêmes dessins teinte à l'aniline n'appartiennent pas au même marché.
Sur cette famille
Une pièce à niche, le mihrab, orientée vers un seul bord. Le format est petit, un mètre vingt sur quatre-vingts en moyenne, et le dessin n'est jamais symétrique dans la longueur.
Il tient mieux à l'arrachement, ce qui explique qu'on le trouve sur les tapis destinés à l'usage. Il permet en revanche moins de finesse dans les courbes.
Oui, c'est la manufacture impériale ottomane, fondée en 1843. Les Hereke de soie comptent parmi les pièces les plus fines jamais produites.
Les autres familles
Faites d'abord établir le diagnostic
Il est gratuit, il n'engage à rien, et il vous dira exactement ce que votre tapis demande — y compris quand la réponse est « rien pour l'instant ».