Un tapis à Marseille ne s'use pas au hasard : il s'use là où l'on marche, là où un pied de meuble appuie, là où le soleil tombe l'après-midi. La restauration commence par lire cette usure, parce qu'elle raconte ce qui va lâcher ensuite.
Marseille est une ville de port : le tapis d'Orient y est arrivé par bateau depuis un siècle et demi, et beaucoup de familles en conservent d'authentiques.
À Le Roucas Blanc, villas et terrasses face à la mer : les pièces y sont grandes, souvent posées depuis des décennies au même endroit, et c'est presque toujours par les lisières et les têtes que le tissage commence à céder. Saint-Victor nous envoie surtout des tapis de famille — immeubles anciens du Vieux-Port — où le désordre est ancien et localisé : un angle, une frange, une brûlure de cheminée. Du côté de Le Camas, appartements haussmanniens du 5e. Les tapis y prennent le passage plus que la lumière, et l'usure se lit d'abord au centre, là où l'on marche.
Les intérieurs changent d'un quartier à l'autre, et cela change la façon dont un tapis
s'use. Le Roucas Blanc — villas et terrasses face à la mer. Saint-Victor — immeubles anciens du Vieux-Port. Le Camas — appartements haussmanniens du 5e.
Nous passons à Marseille toutes les semaines : les enlèvements y sont groupés, ce qui explique que le déplacement ne vous soit jamais facturé.